Un très joli poème qu'un visiteur, m'a laissé en commentaires.
Je le partage avec vous.
Les Mansardes
C'était un peu comme la proue du vaisseau amiral,
Par ses petits fanaux clignant de l'oeil la nuit,
Luisant sur la maison comme des lumignons
Et son toit bleu d'ardoises en était embelli,
Et mieux; nous étions hauts, aussi haut que la vie.
Ces "mansardes" nous y dormions aux saisons des curistes,
Y montant doucement, respectant les consignes,
De traiter dignement les précieux locataires.
Pour Régis et pour moi, c'étaient de douces manies
Que nous nous gardions, de contrarier en vain.
Dans la chambrette austère où je dormais
Les livres me tombaient des yeux bien après la lumière,
Et, j'écoutais aussi les pas sur les trottoirs
Des passants noctambules qui passaient en riant.
Et, je scrutais aussi les fenêtres d'en face.
Grand-mère ronflait parfois dans la chambre à côté,
Et son eau de Cologne avec son poudrier
Exhalaient des senteurs de rose et de vanille.
Dans la chambre à côté était mon cher Régis
Qui me passait parfois la BD "Blek le Roc".
Oh, comme je les aimais, ces modestes mansardes,
Nous étions jeunes alors et tout était diamant :
Filles des locataires aux cheveux dénoués,
Ou bien, nos jeux guerriers et nos arcs et nos lances,
Et, ces folles lectures menées jusqu'au petit matin.
Paul d'Aubin (le 16 décembre 2011).
